Marchant « entre deux éternités », Jean-Pierre Spilmont est un écrivain voyageur, mais le chemin d’Ostende à Vladivostok, de Gand à l’Italie, de l’Algérie à la Tarentaise, le conduit toujours au même questionnement sur la vie. Il est surtout un écrivain de l’Altérité : de l’entre-deux, et de la relation interpersonnelle. Même si la douleur affleure souvent à la surface de son écriture, douleur des enfances, ou de la guerre, la musique de son texte est celle de la Tendresse, de la « patience des pierres » et revêt la même douceur que celle de Schubert, révélant « le sourire à travers les larmes ». Son respect de la nature, empreint d’une jubilation panthéiste, constitue son véritable « être au monde ». La nature est son chemin vers le suprasensible, la mystique, et sa contemplation le met à chaque fois en résonance avec un poème ou un tableau.

Albert Fachler



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Sébastien

roman, 2010
La Fosse aux ours

"Sébastien, roman de l'innocence violée, met à nu, par la voix d'un enfant, des vérités enfouies qui éclatent en phrases brèves, nettes, sans bavures, aussi violentes qu'aériennes. Jean-Pierre Spilmont écrit en terrain miné, ouvre des brèches dans des non-dits bétonnés, sonde l'impossible, cette âme humaine ballotée entre mensonge, abandon, lâcheté, trahison."
Martine Laval, Télérama, mars 2010

" On dira juste qu'avec ça, ce  non-dit pesant que l'auteur dévoile, le roman atteint le point d'orgue, à partir duquel le singulier devient universel. Et le lecteur, entraîné sans retenue par la fluidité de la prose, refermera le livre avec le sentiment de refermer cent mille tomberaux."
Thierry Guichard, le Matricule des anges, mars 2010




  Fragments d'escales
éléments pour un  voyage
Printemps des poètes  2008

de Moscou à Vladivostok

Livre bilingue Français -Allemand, traduction Rudiger Fischer
 Verlag im Wald

 



Soleils Nomades,
 roman, Flammarion,
1985, réédition 1998 et 2000 aux éditions la Passe du vent

""Je suis venu ici pour désapprendre. Cette nuit, alors que je jetais au feu la dernière bûche, la pensée m'est venue que seul valait le sourire du corps. C'était comme une révélation soudaine. Une évidence. Une violence, aussi. A la fois plainte et révolte des chemins de tout l'être. Nus. Soudain désertés. Sourire du corps. Sourire de la terre. Les mots se sont imposés à moi, mais j'ai su aussitôt que je n'en ferai que lentement, très lentement le tour. Il faut une vie, parfois, pour connaître nos paroles…"

*

"Un livre montagne, un livre-cime, un livre tendresse, un livre quotidien, on voudrait le lire à haute voix tellement les mots chantent."

Andrée Chedid, Aube Magazine n° 40



La Traversée des terres froides
2008
LA FOSSE AUX OURS
extrait :

"Florence, janvier 1347 - Nous avons pris la route un matin de septembre. Il faisait encore très doux. La Lys courait le long des saules. J'ai pensé que je ne reverrai jamais ma ville. J'ai revécu ce jour de mon enfance où j'avais rêvé de voyages et où j'étais resté toute une fin d'après-midi, debout comme un marin à la proue d'un bateau d'herbes folles, sur ce bras de terre au delà duquel la Lys et l'Escaut se rejoignent et coulent ensemble vers la mer. Je suis entré dans l'eau verte de la rivière et j'ai penché mon visage vers elle, comme pour une étreinte…"

Ouvrage lauréat Lettres Frontières 1999

Tous les nègres se ressemblent,
 roman,
 en collaboration avec Gilles Roussi, Paroles d'aube, 1998

"J'ai raccroché le combiné à la septième sonnerie. Je suis retourné à ma table et j'ai commandé une autre bière. Il y a des jours où l'éternel vous bannit de sa mémoire. J'aurais dû rester allongé à écouter n'importe quel tube de Buddy Holly. Je hais la nostalgie et pourtant je m'y accroche parfois avec délectation…"


Jacques Balmat dit Mont-Blanc,

biographie
Albin Michel, 1986,
Grand Prix du Livre d'Histoire de la Société des Gens de Lettres
1986,

réédition en 2003
aux éditions Guérin


 
La vallée des merveilles,

essai,
Simoën, 1978, Attinger 1985

"Le Bégo ou la cime de Charnassère, le pas de l'Arpette ou le Val des Merveilles ne sont pas seulement une montagne ou une vallée " d'intérêt historique ". Quels liens entre eux se sont tissés dont témoignent encore les légendes ou les cultes des anciens âges ? Quels liens, si profondément enracinés, qu'ils renaissent, ne serait-ce parfois qu'un très court instant, comme si, du fond de notre mémoire, montait un très vieux langage que nous avons lentement désappris et qui vient, malgré nous, en rider la surface…"


 
   Une saison Flamande
Editions de l'Amourier,
2008


Prélude,extrait
« … C’est là un livre inachevé, faute de réplique. Cette réplique, j’espère que quelqu’un en ce monde me la donnera. Vous ? C’est une histoire en technicolor, pour ménager un certain luxe, dont dieu sait que j’ai, moi aussi, grand besoin. Pour nous tous.* »

Je voue donc  la chose que voici  à la mémoire et au silence de la lumineuse Clarice
* qui n’est plus aujourd’hui que poussière dans une tombe du cimetière juif de Caju, à Rio."

                                              *

 
*Clarice Lispector, a hora da estrela, 1977, l'Heure de l'étoile, Editions des femmes 1984




 
Chemins de lumière,
Parc National des Ecrins, essai, photographies de Bertrand Bodin, éditions Milan, 1995, Prix Spécial du Jury, salon du livre de montagne, Passy 1995



 

 mai 2010

"L'excision de la pierre de folie"

   d'après une oeuvre de Brueghel l'Ancien, musée de  Saint Omer

                                              Editions Invenit



  Jours tranquilles à Vinsobres,
chronique d'une résidence, La passe du vent, 2001




 

 

Poésie


... Dans le désert du sang,
 textes parus chez Rougerie, Karédis et textes divers - 1970-1990, Editions de l'envol, 1994
Avant-dire de Bernard Simeone

" Avez vous lu Jean-Pierre Spilmont ? C'est un de nos plus authentiques poètes : la réunion en un seul volume de ses recueils parus entre 1970 et 1993 permet de s'en assurer et de découvrir la parole sobre et mesurée d'un homme dont l'inquiétude existentielle est ourlée de tendresse. (...) ailleurs, dans sa générosité obstinée, parente de celle de Juliet ou de Chedid. Si elle se fonde sur le constat sévère que toute vie est une incessante destruction, elle postule avec Haldas que l'essentiel est dans l'usage que l'on fait de cette destruction. Car le feu qui rompt les choses peut donner chaleur et lumière. La poésie de Spilmont est le voeu de cette heureuse métamorphose. " Et de désert devient désir ", c'est le sens de toute écriture."

Jean- Pierre Siméon, L'Humanité

 
Partage de l'Île

éditions MLD, 2010

"Partage de l’île, mélopée tragique à voix basse, attisée par le corps en souffrance. Géographie intime, figure enchâssée de la solitude en autarcie. Repli de ses plages.
Chant du cygne aux accents prophétiques, avec cet aphorisme central pour garder trace du passage :
« Il se peut que l’on marche entre deux éternités. »


Michel Ménaché,  Revue Europe, mars 2010 
   


Une clarté de passage,

 dessins originaux de Roland Dutel,
Cadex, 1996

Lumière des mains, suivi de
l'incessant tourment d'espérance

photographies originales de
Henri Maccheroni
 Cadex 2005

"Il s'est levé ce matin un grand vent qui balaie les terrasses et fait battre les portes. Un vent de plein hiver qui courbe la mince ligne d'arbres, au pied des collines, loin de la route. Le pays se resserre comme un village après la pluie. Il s'offre, douloureusement. La lumière s'y mesure tout le jour aux quatre pans des toits offerts au dénuement du ciel. Ici monte une fumée qui détient des pouvoirs sur la mémoire des choses. L'horizon investit le regard. Il nous faut des demeures de terre et d'eau, ces abris de lumière, ces arbres, cette clarté pour choisir, enfin, non pas une île où accoster, mais l'infini mouvement des saisons..."


 Licht der Hände
traduction Allemande de "Lumière des mains"
 Rüdiger Fischer :

Texte bilingue






 
Cicatrices du silence
gravure de Gisèle Villardier,
Le Verbe et l'Empreinte, 1985


ci contre page,  des Cicatrices du silence
traduite par le poète Portugais Al Berto




  L'Orée, la déchirure
Rougerie, 1971
Textes réédités dans
"… Dans le désert du sang, poésie complète"

 
Moraine absolue
Rougerie, 1970

Textes réédités dans
"… Dans le désert du sang, poésie complète"






 

Théatre


Little Boy Manhattan
 La Main Multiple 2005, création décembre 2006, Cie Michel Véricel, mise en scène Michel Véricel

"... l'heure n'est donc pas à sonder les cœurs ni à distribuer des certificats d'analphabétisme moral. La question est de savoir si chaque protestation de compassion envers les victimes du World Trade Center d'un coté, envers les enfants irakiens ou palestiniens de l'autre, est sincère ou instrumentale, spontanée ou pleine d'arrières pensées inavouables, est par définition sans réponse. Au nom du Bien contre le Mal, au nom de l'Unique Vérité, tous sont résolus à tuer d'abord, à questionner ensuite…"


L'hiver nous descend lentement sur l'épaule
création 2002 au théâtre de Thiers, reprise en 2003 au théâtre de la Croix- Rousse, à Lyon, dans une mise en scène de Martine Van de Peene, reprise en 2004 à Mouscron, Belgique dans une mise en scène de François Vandorpe

Il fallait inventer la mer
 Chartreuse de Villeneuve-les-Avignon, mise en espace de Stanislas Nordey, juillet 94 dans le cadre des Lectures de la Chartreuse, traduit en italien par Nicola Zavagli, dans le cadre des rencontres Oltre Babele, Créé au Festival d'Arezzo (Il Teatro e il Sacro) le 20 août 1996,sous le titre Inventando il mare, mise en scène d'Alberto Spurio-Pompili

Béatrice et Francesco
 requiem,

 création théâtrale pour le Centre Artistique International Roy Hart, lecture publique à la Chartreuse de Villeneuve-les-Avignon le 6 décembre 1993, créé le 30 janvier 1996 à Montpellier, le Chai du Terral. Musique de Giovanna Marini. Mise en scène de Flavio Polizzy.

Ce soir je me souviens d'hier
 texte mis en spectacle pour le C.A.C. d'Annecy, Scène Nationale, mise en scène : Charlie. Brozzoni, musique : Etienne Perruchon, décor : Bruno Théry, 1989

Pinocchio e il filo del cuore, colodissimo
 texte original, commande de la Cie. Occupazione Farsesche, Teatro Comunale di barberino di Mugello (Florence) Créé le 3 décembre 1996, dans le cadre du Festival Guarda l'Europa, au Théatre Laudi, à Florence, mise en scène de Sandra Bedino, traduction Antonella Questa


 

Dramatiques radio


 
Le rêve inachevé de Hans Berger, pièce radiophonique originale créée à la Radio Suisse Romande, réalisation Michel Corod

 
L'autre, d'après le roman de Andrée Chedid, France-Culture, réalisation Jacques Taroni, avec Jacques Dufilho, Maria Mériko...

 
Mardi Gris, d'après le roman de Hervé Prudon, France-Culture, réalisation Eveline Frémy, avec Jean Négroni, Guy Tréjean, Pierre Maguelon...

 
Métropolice, d'après le roman de Didier Daenninkx, France-Culture, réalisation E. Frémy, avec Anne Deleuze, Pierre Destailles, Philippe Laudenbach...

 
Le Golem, feuilleton en 10 épisodes, d'après Gustav Meyrinck, France-Culture, réalisation E. Frémy, avec Denis Manuel, Pierre Michaël, Teddy Billis...

 
Bel Ami, feuilleton en 10 épisodes, d'après Maupassant, France-Culture, réalisation E. Frémy, avec Bruno Pradal, Fanny Cottençon, Maya Simon...

 
Sarn, feuilleton en 10 épisodes, d'après Mary Webb, France-Culture, avec Denise Gence, Bernadette Le Saché...

 

Tous les manuscrits originaux sont consultables aux archives de la bibliothèque municipale de Lyon : manuscrits, cassettes, lettres…